01Un marché du clearing euro en consolidation
Part de l'euro, deuxième devise mondiale derrière le dollar (50,9 %), selon Swift Watch.
Recul des relations de correspondent banking dans le monde depuis 2011 (FSB).
Part des correspondants euro sortis de ces marchés.
Coût annuel d'un seul compte nostro aux États-Unis (étude Visa, septembre 2023).
Le marché présente un paradoxe : le nombre de banques actives diminue pendant que les volumes augmentent. Les grands clearers (JPMorgan, Citi, HSBC, Deutsche Bank, BNP Paribas) tirent parti des économies d'échelle et des sorties de leurs concurrents ; des acteurs locaux et de niche continuent de servir leurs marchés domestiques ou des clientèles à profil de risque plus élevé. Le Brexit a, par ailleurs, contraint de nombreuses institutions à revoir leur organisation et leur offre.
Les retraits massifs en Afrique et en Amérique latine créent des difficultés pour les économies locales, mais aussi des opportunités pour les institutions prêtes à investir dans la relation et l'infrastructure.
02Revenus, coûts et économies d'échelle
| Revenus | Composantes |
|---|---|
| Fixes | Commissions de transaction ; frais de tenue de compte, d'accès au réseau et de facturation minimale (couverture des coûts KYC) ; services documentaires et de liquidité |
| Variables | Change pour compte de la clientèle, marges de taux, commissions de trade finance, paiements transfrontaliers |
Face à des coûts de conformité élevés, la rentabilité n'est atteignable qu'avec des volumes importants. La hausse des volumes réduit les coûts fixes informatiques, renforce le pouvoir de négociation sur les partenaires et les corridors, et abaisse les coûts semi-variables (commercial, réseau, KYC). Les coûts variables, eux, sont surtout liés aux traitements non automatisés : réparations de paiements, doublons, faux positifs sanctions et LCB-FT. D'où l'importance des investissements dans le STP.
L'adoption des messages MX au format ISO 20022 apporte des données plus riches et structurées (bénéficiaires, objet du paiement, métadonnées), qui permettent des règles de filtrage plus fines et réduisent les faux positifs.
03Les acteurs et les nouvelles technologies
Autour des banques Tier-1, des banques régionales et des banques centrales (TARGET2, liquidité intrajournalière, SEPA), Swift reste l'épine dorsale du système. Swift gpi a apporté suivi de bout en bout, rapidité et transparence des frais ; les services de filtrage des sanctions, d'analytique de conformité, de pré-validation et le programme CSP complètent l'offre.
- Protocoles blockchain : XRP Ledger, XDC Network, Stellar, Algorand, Hedera, couches 2 d'Ethereum ; protocoles DeFi et oracles Chainlink.
- Projets bancaires : Fnality (utility settlement coins), Partior (DBS, J.P. Morgan, Temasek), RTGS Global, Dloro Nostro ; CBDC comme l'e-CNY ou l'e-Naira.
- Plateformes multilatérales : Swift, SEPA en Europe, PAPSS en Afrique, qui réduisent la dépendance aux chaînes de correspondants et soutiennent des initiatives comme la ZLECAf.
04Transformer la chaîne de valeur
- Le schéma « One Leg Out »Un cadre de conformité et de gestion des risques pour les paiements dont une partie se situe hors de la juridiction principale : diligence renforcée, surveillance en temps réel, partage d'informations, approche par les risques. Il bénéficie aux RegTech, aux fournisseurs KYC / LCB-FT et aux agrégateurs, mais peut accentuer le de-risking.
- La pré-validation des transactionsVérifier les données avant l'émission du paiement réduit les rejets, accélère le traitement, améliore la visibilité du client et la gestion des comptes nostro.
- La collaborationUtilitaires KYC partagés, consortiums blockchain, expérimentations de CBDC, co-développement avec des fintechs : concilier conformité, innovation et inclusion financière.
Concilier les exigences de conformité et l'impératif d'inclusion financière définira l'avenir de ce pilier de la finance mondiale.OpenbanQ, janvier 2025
Sources : OpenbanQ, The Future of Correspondent Banking 2025 — Challenges and Opportunities in the EURO Clearing landscape, janvier 2025, 33 pages (sources citées : Financial Stability Board, Swift BI Watch, Banque nationale de Belgique, Visa).